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Editorial

Témoignages des temps anciens : dans les coulisses du DELTA de LP

 

Lors du 20ème anniversaire du Colidre, en novembre 2017, Yves Fargette avait tenté de rappeler quelques souvenirs, mais l’horaire serré ne lui a pas permis de s’exprimer entièrement. D’où ce long entretien, au cours duquel est apparu clairement le souhait de compléter la vision exprimée dans le livre de Marie Carpenter. Yves Fargette a vivement souhaité associer à son témoignage ceux de Jean François Arrivet et Maurice Gaucherand, ses adjoints directs pour cette période 1974-1981 qui correspond à celle où Gérard Théry a été, sans contestation le « patron » et le chef d’orchestre de cette époque exceptionnelle pour les télécom françaises.

Il faut dire que cette période qui date maintenant de près de 40 ans est probablement difficile à comprendre et même à imaginer pour les acteurs d’aujourd’hui, à l’heure de la 4G (et bientôt la 5G), de l’Internet et du Cloud, des données massives (BIG DATA), de l’intelligence artificielle (IA) et de la concurrence totale du marché des télécom.

 

Philippe Picard

Témoignages des temps anciens : dans les coulisses du DELTA de LP

 

Yves Fargette rappelle : « à la direction de la Production m’assistaient pendant ces cinq années trois lieutenants solides, compétents, équilibrés : deux anciens directeurs régionaux, Jean François Arrivet, Maurice Gaucherand, et Jean Claude Lavenir. Ils gardaient leur calme, leur intelligence et leur expérience tout au long de ces années difficiles. L’aventure du Delta de LP fut caractérisée par deux nombres : il s’agissait de passer d’une croissance annuelle d’environ 200 000 lignes principales à 10 fois plus, soit 2 000 000 LP. Le pari qui a été tenu. Les spécialistes, les chefs de bureau compétents affirmaient l’impossibilité d’une telle croissance. Pour faire un poteau il faut un arbre de 30 ans, personne n’y peut rien. En plus, s’ajoutait la dialectique propre à la Production. Jean Pierre Souviron souhaitait profiter de cette forte croissance pour renouveler le plus possible les matériels, en saisissant cette occasion unique. Seulement, le développement d’un nouveau matériel, le passage du prototype à la grande série prend des années, pas possible d’attendre. Difficile dialectique à arbitrer par le Directeur général, qui était séduit – c’est compréhensible – par les propos ambitieux de JP. Souviron ».

Il est bon également de rappeler que le rattrapage a été possible grâce à plusieurs études et combats engagés dès la fin des années 1960 et qui ont permis de faire enfin démarrer la machine :

  • à la suite du « rapport Chanet », la création des sociétés de financement ayant permis de s’affranchir en partie du carcan budgétaire pour accélérer les investissements ;
  • « désincarcération » progressive des services territoriaux des télécom vis-à-vis de l’organisation postale départementale et la mise en place progressive d’une organisation territoriale adaptée aux besoins et contraintes des télécom ;
  • élaboration de doctrines d’investissement et d’exploitation (automatisation du réseau, organisation territoriale fine, etc.) ;
  • introduction des méthodes gestion responsabilisantes pour les opérationnels (allocation d’enveloppes globales, mesure permanente des résultats vs les objectifs) ;
  • lancement des actions de mesure et d’amélioration de la qualité de service.

 

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